Le rôle de la forêt

La forêt joue un grand rôle auprès de l'humanité. Elle produit du bois, accueille les promeneurs, agit sur le climat, sur la qualité de l'eau, stocke du dioxyde de carbone, protège les sols de l'érosion... Il paraît normal qu'elle soit au coeur des préoccupations mondiales dans le contexte de changement climatique actuel. Ainsi, l'assemblée générale de l'ONU a proclamé l'année 2011 « année internationale de la forêt ».

L'enjeu environnemental

La forêt et le bois offrent des opportunités pour répondre aux enjeux essentiels que sont la perte de biodiversité et le changement climatique. Il s'agit de trouver les équilibres nécessaires pour garantir à la fois une mobilisation possible du bois, l'indispensable protection de la biodiversité et la préservation de la forêt en tant que puits de carbone pour lutter contre les gaz à effet de serre (protocole de Kyoto).

« Dynamiser la filière bois en protégeant la biodiversité forestière ordinaire et remarquable : produire plus de bois (matériau et énergie renouvelables) et mieux en valoriser les usages.  » (extrait de l'engagement n° 77 du Grenelle de l'environnement)

Les forêts des Pyrénées contribuent aux grands équilibres écologiques. Au coeur des Pyrénées subsistent des forêts anciennes, ou vieilles forêts, qui jouent un rôle accru. Ces forêts anciennes correspondent aux vestiges des sylves originelles, et ne couvrent dans les Pyrénées que de très petites surfaces, inférieures pour la plupart d'entre elles à la centaine d'hectares. Leur classement en « forêt non productive » permet en outre le développement de toutes les phases sylvigénétiques, l'instauration d'un équilibre avec les perturbations biologiques ou climatiques, l'accroissement de la biodiversité animale. Ces « réserves intégrales » sont primordiales pour la recherche scientifique sur la forêt.

Le bois constitue par ailleurs une source d'énergie peu polluante comparée aux énergies fossile. Il fait partie des énergies issues de la biomasse. La biomasse est la matière organique végétale ou animale produite directement (ou indirectement au travers de la chaîne alimentaire) par la photosynthèse grâce à l'énergie du soleil. Le bois énergie est donc une énergie renouvelable. Il n'y a pas de soufre dans le bois donc pas de rejet de SO2 (dioxyde de soufre) dans les fumées de combustion. La combustion du bois est relativement neutre vis à vis de l'émission de CO2, gaz à effet de serre, puisqu'elle ne fait que ré-émettre dans l'atmosphère le CO2 qui a été absorbé pour la croissance des arbres.

Un rapport du Gouvernement au Parlement portera sur « l'évaluation des puits de carbone retenu par les massifs forestiers » et leur « possible valorisation financière pour les territoires » (art 83 du Grenelle II de l'environnement). Une manière d'inciter les territoires à préserver leurs massifs en associant préoccupation écologique et enjeu économique.

Les préoccupations d'ordre environnemental font l'objet de missions spécifiques pour de nombreux acteurs de la forêt.
A titre d'exemple, les agents de l'Office National des Forêts mettent en oeuvre les actes de gestion courante nécessaires pour que la forêt puisse fournir du bois et des services à notre société, et ce dans un souci permanent de préservation voire d'amélioration de la biodiversité tant ordinaire que remarquable. En effet, au-delà des espèces et des habitats exceptionnels que les massifs forestiers pyrénéens abritent et qui peuvent faire l'objet de statuts particuliers de protections, la majorité des forêts relève de la biodiversité « courante » qui mérite, elle aussi, une attention soutenue. Adapter les périodes d'intervention en forêt en fonction de l'écologie de certaines espèces, respecter des zones de quiétudes, choisir des modes d'exploitation appropriés, préserver des arbres présentant une valeur particulière pour la faune, des clairières... : autant de mesures inscrites dans les aménagements forestiers et mise en œuvre par les agents patrimoniaux, qui contribuent à préserver la faune et la flore pyrénéenne.

La forêt pourvoyeur de bois

Le bois est classiquement utilisé comme combustible sous forme de bois bûche. Il peut être transformé en pâte à papier ou encore en emballages (usages industriels, bien développés dans les pyrénées) lorsque sa qualité ne permet pas de le valoriser en bois d'oeuvre. L'exploitation forestière permet à l'homme de prélever de la matière première afin de satisfaire ses besoins en bois. Elle constitue, après le travail de sylviculture, l'amont de la filière bois qui, dans les Pyrénées, rencontre aujourd'hui des difficultés particulières. La rémunération des efforts de récolte est faible, compte tenu des prix d'achat du bois: le bois de hêtre notamment, très présent sur le massif, est moins demandé ; la diversité des essences et de qualités de bois complique la massification d'une offre aujourd'hui inadaptée aux exigences d'approvisionnement des industriels (qualité, volume).

Aujourd'hui, de nouveaux débouchés se développent pour le bois du massif, comme :

  • Le bois construction
La construction bois est actuellement dominée par le bois d'importation. La demande locale ne cessant de s'accroitre, il est à souhaiter que l'on développe la valorisation de la ressource pyrénéenne dans la construction et l'aménagement intérieur. Différentes démarches portées par l'interprofession Midi-Pyrénées et les territoires sont en cours sur ce point. Un des objectifs du grenelle de l'environnement porte sur le bois construction: « Promouvoir le bois éco-matériau dans la construction, dans le cadre d'un plan national en faveur du bois. Adapter les normes de construction au matériau bois. Mettre en place un label de construction « réalisé avec le bois » ».
  • Le bois énergie
La consommation en bois énergie par les ménages augmente d'année en année sur le massif pyrénéen. L'objectif de développement de l'utilisation énergétique de la ressource bois pour contribuer aux économies d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), et à la réduction de l'émission des gaz à effet de serre (protocole de Kyoto) est activement soutenu par les collectivités territoriales françaises. Le développement des réseaux de chaleurs et de chaudières bois fait partie des actions valorisées.
 
L'établissement d'une coopération globale entre les acteurs, de l'amont à l'aval, ainsi que le regroupement des petites parcelles forestières font partie des objectifs appelés par le Grenelle de l'Environnement. Sur le massif pyrénéen, ces objectifs trouvent une résonance particulièrement forte. Les circuits courts sont favorisés dans les objectifs du Grenelle: « Privilégier la valorisation locale du bois (matériau, énergie) dans les projets de développement locaux et les projets de territoire (à l'instar de la démarche des pôles d'excellence rurale ou des chartes forestières de territoires en particulier). »
 
Les gestionnaires forestiers des Pyrénées s'impliquent dans la recherche de débouchés sur ces marchés : la filière amont s'attache à cette fin à assurer une capacité de production de bois pyrénéen, dans des conditions environnementales respectueuses des milieux forestiers, à gérer l'approvisionnement des scieries et à répondre aux exigences de fiabilité et de régularité dans les volumes et les qualités de bois livré.